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Truth Matters : l’engagement concret de la section SAR FWB pour les chercheureuses et chercheurs en exil

La section Scholars at Risk en Fédération Wallonie-Bruxelles (SAR FWB) organisait à la Fondation universitaire (Bruxelles) ce 28 mai un événement intitulé "Truth Matters: Protecting Truth, Defending Freedom", rassemblant près de 55 participantes et participants. Marquant le 25e anniversaire du réseau mondial Scholars at Risk (SAR), ce rassemblement a mis en lumière l’urgence de protéger la liberté académique face à la multiplication des conflits, de la désinformation et des pressions politiques.

Un engagement collectif et concret en Fédération Wallonie-Bruxelles 

L'un des points centraux de la rencontre a été l'annonce d'un renforcement de la section SAR FWB, qui regroupe désormais les cinq universités de FWB, le CRef et l’ARES. Grâce à un financement de 220 000 euros accordé avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de Wallonie-Bruxelles International (WBI), montant doublé par les institutions partenaires pour atteindre un budget total de 440 000 euros, un programme pilote a été lancé pour accueillir quatre chercheurs et chercheuses en danger pour les deux prochaines années. Ces personnes, originaires de zones de conflit comme le Soudan, la Palestine ou la Syrie, pourront poursuivre leurs travaux dans un environnement sécurisé durant les deux prochaines années, affirmant ainsi le rôle de la FWB comme terre de refuge pour la recherche.

La préservation de la connaissance en zones de conflit 

De nombreux chercheurs et chercheuses se voient contraint·es à l'exil en raison de conflits armés, de guerres civiles ou de persécutions systématiques. Leurs travaux et leurs archives sont souvent menacés ou détruits, et avec eux, la mémoire des violences passées risque fort de se perdre. Or, ces personnes jouent un rôle crucial : préserver le savoir, documenter la vérité et transmettre la mémoire des conflits aux générations futures. Dans ces contextes, les universités européennes ont la responsabilité de soutenir et participer à des initiatives permettant de préserver le patrimoine intellectuel. Dans le cadre de ce premier panel, les intervenantes ont insisté sur le fait que l’université ne fournit pas de « vérités révélées », mais des méthodes de vérification et des espaces de contradiction essentiels pour distinguer les faits des opinions.

Les défis de l’exil et de la recherche face au pouvoir 

Lors du second panel, plusieurs témoignages ont illustré la précarité des académiques contraints à l'exil, à cause de travaux contredisant les récits officiels de leurs gouvernements, ou de conditions dangereuses imposées par des situations de guerre. Au-delà des menaces physiques, ces personnes font face à des barrières bureaucratiques complexes, à l'isolement linguistique et à l'incertitude quant à un éventuel retour au pays. La solidarité internationale et le maillage en réseaux sont alors apparus comme des outils vitaux pour briser ce silence imposé.

Menaces contemporaines et rôle des autorités en Europe 

Le dernier panel a permis une analyse approfondie de l'évolution de la liberté académique en Europe. Longtemps présentée comme un bastion mondial en la matière, celle-ci est aujourd’hui confrontée à des fragilités croissantes et menaces en son sein. Les échanges ont mis en perspective l’héritage du modèle humboldtien — fondé sur l'autonomie totale et l'unité entre recherche et enseignement — avec les réalités contemporaines, où la valeur du savoir est de plus en plus conditionnée par des impératifs de rentabilité économique, de rapidité et de "retour sur investissement". Cette réflexion a permis d'identifier des leviers de vigilance concrets pour la gouvernance des établissements, en s’appuyant notamment sur les recommandations publiées par l’EUA (European University Association) et les travaux du Conseil de l’Europe visant à rendre ces libertés plus résilientes, tout en rappelant l’importance du soutien politique et financier nécessaire à la sauvegarde des valeurs chères à l’enseignement supérieur. 

En effet, au-delà d’un lieu de refuge, l’Europe doit pouvoir continuer à assurer un rôle de leadership mondial pour défendre activement des valeurs clefs.

Une collaboration entre l'ARES, la section Scholars at Risk en Fédération Wallonie-Bruxelles et le CReF
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